Le cheval et le problème de la logique instantanée

Le cheval et le problème de la logique instantanée

La Maréchalerie tout comme la majorité des sciences et techniques de santé moderne est presque entièrement soumise au dogme d’une médecine illusoire.

La logique mise en œuvre est assez simpliste, à chaque symptôme qui s’exprime, il peut et il doit exister une contre-mesure pour camoufler celui-ci. Ainsi donc l’organe peut continuer à fonctionner malgré les alertes d’une défaillance à venir.

Cette logique instantanée (action – réaction) entraîne la création d’un paradigme pervers qui vient occulter la recherche de ou des causes premières au profit du développement de moyens de « luttes ».

Les propriétaires d’équidés s’intègrent malgré eux dans ce même paradigme lors du premier passage de leur vétérinaire, celui-ci conseillant systématiquement la vermifugation et la vaccination ainsi que le suivi par un maréchal (lui-même proposant la ferrure).

A partir de ce moment là, il est extrêmement difficile de sortir du moule, que ce soit pour les professionnels ou les particuliers. Toutes les problématiques courantes se trouvant traitées dans des procédures de « soins » standardisées :

  • Entorses – Tendinites = Equipalazone > Ferrure orthopédique
  • Dorsalgies – Cervicalgies = Flunazine > Mésothérapie
  • Arthrose = Equipalazone > Infiltration > Mésothérapie
  • Bleimes – Abcès = Equipalazone > Attendre / Ouvrir > Résection > Ferrage
  • Fourbure = Equipalazone > Aspirine > Ferrure orthopédique
  • Naviculaire = Equipalazone > Ferrure orthopédique
  • Problème de Pieds = Ferrage > Ferrure orthopédique
  • Blessures = Antibiothérapie – Chirurgie
  • Infestation – Parasitisme = Vermifugation
  • Problèmes de Peau = Mytosil – Antibiothérapie locale – Chirurgie – Protection (Couverture) – Corticostéroïdes

Cette petite liste nous montre clairement que face à la douleur (qui souvent s’accompagne d’une inflammation) les réponses classiques vont être : Protection, Anti-inflammatoire & Antalgique.

L’Equipalazone et globalement tous les A.I.N.S. entraînent à court et moyen terme :

– hypotension
– insuffisance hépatique et rénales
– ulcère gastro-duodénal

Les Corticostéroïdes provoquent à court et moyen terme :

– immuno-déficience
– diminution du potentiel de cicatrisation
– diminution du potentiel de régénération
– hyperglycémie > insulino-résistance > acidose

Si l’on prend en compte tous les effets secondaires et le simple fait que le principe même des anti-inflammatoires est de travailler contre la nature elle-même et les processus de guérison, il est complètement absurde de les utiliser de façon automatique et sans réflexion.

Il est hélas trop commun de voir un cheval sous antibiothérapie et corticostéroïdes en même temps… une totale hérésie médicale qui, si elle dure plusieurs jours, se terminera en fourbure aiguë.

Pourtant il existe des solutions bien plus efficaces et nettement moins invasives ou traumatisantes pour le cheval. Des méthodes qui vont chercher à comprendre pourquoi une symptomatique est apparue, et si le problème n’est pas le maillon le plus visible d’une chaîne de dégradation et défaillance bien plus grande.

Cette approche globale, le besoin de compréhension du tout indissociable, pour soutenir une partie, est appelé Holisme. Appréhender la pathologie à travers une lorgnette holistique change tout, car la grande majorité des problèmes des cavaliers peuvent être traités de façon pérenne par la Podologie équine, l’Ostéopathie, la Physiothérapie, le Shiatsu etc…

Après quoi il reste bien sûr les problèmes de fond. Ne pas respecter les besoins fondamentaux des équidés en leur offrant des conditions de vie d’un ruminant entraînent sur le long terme des dégâts bien trop visible. Pour rappel, à l »état sauvage, les chevaux vivent dans des régions semi-arides, en steppes et en lisières de bois.

– Un cheval moyen de 450 kg boit de 38 à 45 l d’eau par jour (à pondérer en fonction de la teneur en eau de son alimentation)
– Ils sont exigeants sur l’eau et la nourriture, tout doit être propre/pur et à une température normale (pas de bac gelé ou d’eau sale).
– Pour éviter tout risque de déshydratation, un cheval de doit pas être privé d’eau pendant plus de quatre heures
– Se déplacer (15 à 25 km) pour se nourrir peut occuper un cheval jusqu’à 16 heures par jour.
– Son système digestif a donc évolué pour fonctionner idéalement avec un petit flux continu de nourriture qui ne varie pas beaucoup d’un jour à l’autre.
– Au minimum 50 % de la nourriture quotidienne de l’animal devrait être composés de fourrage.
– Les chevaux produisent jusqu’à 38 l de salive par jour. On comprend mieux l’importance de l’eau sur le transit et la création du bol alimentaire.

Ainsi l’équilibre de leur flore intestinale (microbiote) peut être facilement bouleversé par l’inaction (voir étude éthologie équine), des changements rapides d’alimentation (ou par la médication) imposées par la domestication et le bon vouloir humain. Ce qui hélas provoque coliques et fourbures, qui s’avèrent être les premières causes de mortalité chevaline.

La mise au pré (déséquilibre graminées, herbacées, fabacées) et la mauvaise gestion des rotations entraînant problèmes digestifs, carences et syndrome métabolique équin (S.M.E.).

Pour sortir de ce Paradigme, il serait peut être utile de faire table-rase de ce que l’on croit savoir car « on m’a dit que », « j’ai toujours fait ainsi » etc… pour se demander si les raisons de toutes les maladies des chevaux de la dermite à l’arthrose, en passant la fourbure ne seraient pas juste de notre fautes ? et si en étant honnête, nous ne pourrions pas simplement, nous poser quelques questions utiles:

– qu’est ce qu’un cheval ?
– de quoi a t’il besoin ?
– puis-je satisfaire cela ?

Une fois passé en revue le point de vue du vétérinaire, puis celui du propriétaire, que nous reste t-il ? Nous y voici, la Maréchalerie 🙂 elle-aussi est assujettie au même paradigme irraisonné.

Dès lors, il est peut être de bon ton de se rappeler du principal dogme des pharmaciens et des médecins, et donc par extension des vétérinaires et maréchaux.

« PRIMUM NON NOCERE. » D’ABORD, NE PAS NUIRE

S’il est bien sûr évident que maintenir un organe (ou une de ses parties) dans la douleur est néfaste, la logique de la protection à tout prix doit aussi être réfléchie en amont.

Toute structure ou organe répond à son environnement et subit des changements adaptatifs (loi de Wolf), si celle-ci ou celui-ci est en sur-stimulation, ces changements peuvent être permanent et néfaste pour la fonction même de la structure ou de l’organe. Mais à l’inverse, si la structure ou l’organe ne reçoit pas suffisamment de stimulus pour rester en état de santé, il subit alors une adaptation dégénérative.

Toutes choses que l’ont voudrait accomplir ne doivent jamais être pensées qu’au présent, on se doit de réfléchir aux conséquences du facteur temps sur nos décisions. C’est le seul choix raisonnable. Cela ne veut pas dire que l’on ne doit pas temporairement utiliser une solution néfaste à long terme si celle-ci est juste temporaire et soulage grandement l’animal le temps d’établir un protocole adapté.

Du fait de l’incompréhension de ces principes biologiques et d’un manque de connaissance, la Maréchalerie de loisir et une très grande partie de ses techniques de protection ne fait que produire une suite de conditions négatives pour la physiologie des pieds entraînant à terme (c’est aussi valable pour tous pareurs du dimanche ou les Strassers par exemple) :

– atrophie de la fourchette
– atrophie du coussinet digital
– atrophie des cartilages collatéraux
– désagrégation du sésamoïde distal
– tendinites
– ostéophyte sur P3

Comment voulez-vous que la fixation d’une orthèse métallique rigide soit en adéquation physiologique avec un pied flexible, fruit de plus de 40 Millions d’année d’évolution, véritable chef d’œuvre biologique et bio-mécanique.

Le podologue équin de son côté recherche l’équilibre du pied et de ces structures internes. Le parage physiologique repose sur une analyse globale de l’équidé. Le podologue fait appel aux connaissances anatomiques, biochimiques et biomécaniques pour assurer le rétablissement et la préservation du bon fonctionnement du pied (par extension du cheval). Il pondère son analyse et ses protocoles en fonction de l’individu, de son alimentation et de son environnement.

« LE MÉDECIN SOIGNE, MAIS LA NATURE GUÉRIT. » HIPPOCRATE

L’homéostasie est le premier principe du parage physiologique. Pour que l’auto-guérison du corps ou d’une de ses parties soient efficaces, rien ne doit entraver son fonctionnement physiologique. Pour cela, tous les liquides et informations nerveuses doivent pouvoir circuler librement.

« ON NE PEUT GUÉRIR LA PARTIE SANS SOIGNER LE TOUT. » PLATON

Le second pilier trouve son expression dans l’approche holistique. Le corps constitue une unité fonctionnelle indissociable. Dès qu’une de ses structures présente une perturbation, cela peut avoir des répercutions globales par le biais des corrélations tissulaires et neuro-vasculaires.

« LA STRUCTURE GOUVERNE LA FONCTION. » ANDREW TAYLOR STILL

Le pied de l’équidé est une entité dans laquelle la structure détermine la fonction, et où la fonction rétroagit sur la structure. Il est donc nécessaire de rechercher et corriger les irrégularités dans les structures pour améliorer ses fonctions

Lors de mes études en Maréchalerie, j’ai été abreuvé par des idées reçues et à mon tour j’ai du faire face à ce biais cognitif qui m’empêchait de voir la vérité :

– Le cheval marchant sur son ongle, il est nécessaire de le protéger.
– Sans fers, la paroi cassera, s’effritera sous le poids et finira par avoir des seimes.
– La ferrure permet l’expansion des talons et donc le fonctionnement de la « pompe à sang ».
– La ferrure amortit les chocs et les vibrations.
– Les onguents hydrate le pied.
– Sans fers, on ne doit pas marcher sur le goudron et privilégier les bas côtés.
– Sans fers, on ne peut pas travailler, on ne déferre que pour le repos ou la retraite en pâture.
– La ferrure orthopédique est le seul moyen face à la fourbure et le syndrome naviculaire.
– La ferrure permet au cheval d’avoir de meilleures allures et une meilleure locomotion.

J’EN SUIS SORTI PARCE QUE TOUT CELA EST FAUX !
ET JE CONSTATE TOUS LES JOURS DEPUIS 6 ANS QUE J’AI EU RAISON !
RAISON DE DOUTER, DE CHERCHER ET DE TESTER PAR MOI-MÊME

ET POURQUOI PAS VOUS ?

 

Video Credit : Johan de Kock – https://horsehoofhealth.com/anatomy/digital-cushion-lateral-cartiledges

Les commentaires sont clos.